Le modèle agricole actuel paraît être à bout de souffle et maintenir un équilibre financier viable devient compliqué. Fort de ce constat, de nouveaux maraîchers, souvent non issus de l’agriculture, apportent un œil neuf. C’est ainsi qu’un nouveau concept, les micro-fermes, apparaissent de plus en plus, alliant modernité et agroécologie.

La micro-ferme

Fini les champs interminables de plantations diverses, la micro-ferme, comme son nom l’indique, cultive les légumes sur une surface inférieure à 1,5 hectares. Toutes sont tournées vers une recherche d’autonomie et vers un retour aux produits naturels. Ainsi, les énergies fossiles telles que le charbon, le pétrole et le gaz sont très peu utilisées. La mécanisation est bannie et le jardin travaillé à la main. Les semences sont achetées chez des fournisseurs labellisés bio ou produites sur place. Beaucoup de ces nouveaux agriculteurs redécouvrent les légumes anciens, plus rustiques, tels que le rutabaga, le panais, le crosne, le topinambour … diversifiant de fait ses cultures. Qualité, abondance et diversité sont les maîtres-mots de ces micro-fermes.

La permaculture

Permaculture, bio intensif et agriculture naturelle sont donc les principales méthodes de cultures. Même si toutes tendent vers une agriculture raisonnée, il existe cependant quelques petites différences entre ces trois méthodes. En effet, le bio intensif continue à utiliser des engrais, autorisés et répertoriés sur une liste et répondant aux normes de la culture biologique. L’engrais organique tels que le sang séché, les algues ou la poudre d’os fait aussi partie de ses remèdes pour traiter les maladies et lutter contre les nuisibles. A l’inverse, les agriculteurs en permaculture ou en agriculture naturelle ne cherchent pas à réduire à néant les indésirables ou les maladies. Basé sur l’observation, l’humain essaye de reproduire au mieux ce que fait la nature seule. Aidé par les anciens qui pratiquaient depuis longtemps cette méthode de culture, ils laissent la vie reprendre ses droits et intervient le moins possible.

Diversifier ses activités

Pour vivre au mieux, les micro-fermes demandent cependant une diversification des activités. Ainsi, il n’est pas rare de rencontrer des animaux dans ces lieux. Les cochons, par exemple, peuvent vous aider à travailler la terre et l’hiver venu, ils seront tués pour leur viande. Brebis et chèvres vous fourniront le lait utile à la confection de fromages qui seront revendus. Les poules vous fourniront des œufs bio recherchés par les consommateurs. Tous ces animaux se nourriront des restes et pourquoi pas de petits animaux ravageurs. De plus, ils fourniront un fumier naturel.

Les micro-fermes proposent souvent plusieurs formes de ventes comme les marchés, voici un site qui les référencent : https://foodtrack.fr. Mais, il en est une qui connaît un essor important, c’est le panier. Le consommateur, attentif à l’origine des produits qu’il mange, sait ainsi d’où proviennent les légumes et éventuellement les fruits.  De plus, c’est l’occasion pour lui de varier son alimentation et de ne consommer que des produits de saison. Les paniers sont généralement composés de plusieurs variétés et certaines fermes glissent même des recettes pour accommoder les légumes oubliés. Le consommateur participe ainsi à une démarche citoyenne, tout d’abord en prenant conscience de l’importance du « bien manger » et en soutenant une entreprise locale.

Les stages en permaculture

Autre proposition des micro-fermes, les stages en permaculture ou en agriculture naturelle. En effet, devant l’engouement des acheteurs pour cette forme de culture, les fermiers se transforment en professeur pour évoquer les grandes lignes de la permaculture. Les stagiaires repartent ainsi avec les clés de cette méthode et peuvent, à leur tour, appliquer au quotidien ses préceptes.

Le concept de la micro-ferme est une révolution dans le monde agricole. Tout est remis en question : la taille des parcelles, l’utilisation des engins, le rejet de l’agriculture intensive. Mais ce concept répond aussi aux nouvelles demandes des consommateurs, friands de produits naturels. De plus, la micro-ferme, de part ses méthodes manuelles est génératrice d’emplois. Sa création profite ainsi à tous les niveaux qu’ils soient économiques ou sanitaires.